L’endettement : du premier prêt au point de non-retour

par André Caron

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L’endettement a longtemps été un sujet tabou dans la société française. Pourtant, dans les faits, les prêts font partie intégrante de la vie de la plupart des familles. Crédits immobiliers, prêts automobiles, crédits à la consommation pour l’électroménager ou les vacances : tout cela est devenu monnaie courante. Le problème ne réside pas dans le prêt en lui-même, mais dans l’incapacité à l’utiliser et l’absence de planification. En 2025, le nombre de nouvelles procédures de faillite personnelle en France a augmenté de 6 %, et de 65 % chez les jeunes de 18 à 25 ans. Parmi les causes : les achats impulsifs, les retards de paiement et l’absence d’épargne. Voyons comment emprunter intelligemment et que faire si la situation devient incontrôlable.

Un bon crédit est un crédit qui vous sert. Un crédit immobilier en est un exemple classique : vous achetez un bien qui prend généralement de la valeur avec le temps, et vos mensualités constituent votre patrimoine, et non celui du propriétaire. La règle d’or : vos mensualités, tous crédits confondus, ne doivent pas dépasser 33 % de vos revenus. En France, les banques appliquent cette règle avec rigueur. Si vous contractez un prêt immobilier, assurez-vous de disposer de fonds suffisants pour vos dépenses courantes, votre épargne et les imprévus. N’optez jamais pour un prêt à taux variable si vous n’êtes pas préparé à une augmentation des mensualités. Et constituez toujours une épargne de précaution couvrant au moins six mois de mensualités.

Une dette à risque est une dette de consommation. Un prêt pour une nouvelle télévision, un canapé, des vacances ou les fêtes de fin d’année. Les taux d’intérêt des crédits à la consommation en France dépassent souvent 15 à 20 %, et atteignent parfois 30 %. C’est un piège : les taux d’intérêt augmentent plus vite que vous ne pouvez rembourser. Si vous ne pouvez pas vous permettre un achat aujourd’hui, reportez-le d’un mois ou deux, épargnez et payez comptant. L’exception concerne les achats essentiels, comme une voiture pour le travail, mais même dans ce cas, empruntez le minimum et pour la durée la plus courte possible. Les paiements échelonnés sans frais sont également courants en France. Elles semblent anodines, mais elles créent l’illusion d’une meilleure accessibilité financière et augmentent le risque de cumuler plusieurs échéances de remboursement, ce qui peut engendrer des difficultés de trésorerie.

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