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Enfants

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Les enfants français d’aujourd’hui passent en moyenne 4 à 5 heures par jour devant des écrans, sans compter les cours en ligne. Les livres perdent de plus en plus la bataille de l’attention face aux contenus attrayants de TikTok et de YouTube. Nombreux sont les parents qui désespèrent : « Mon enfant déteste lire ! » « Comment faire pour qu’il prenne un livre plutôt que sa tablette ?» Mais le problème réside dans le mot « forcer ». Lire sous la contrainte ne deviendra jamais un plaisir spontané. Plutôt que de s’en prendre aux appareils électroniques, il est judicieux de repenser son environnement, ses propres habitudes et sa façon de choisir les livres. Voyons comment faire de la lecture une activité désirée, et non une corvée scolaire.

La première et la plus importante étape est l’exemple. Si votre enfant voit ses parents le nez collé à leur téléphone à chaque instant libre, et que vous n’ouvrez un livre qu’une fois par an, en vacances, aucune persuasion ne fonctionnera. Des études montrent que les enfants issus de familles où les adultes lisent pour le plaisir (et non pour le travail ou les réseaux sociaux) ont deux à trois fois plus de chances de devenir des lecteurs assidus. Inutile de s’installer ostensiblement avec un gros roman et de feindre l’intérêt. Il suffit que votre enfant vous voie choisir un livre plutôt que la télévision, discuter de vos lectures pendant le dîner et aller à la bibliothèque emprunter de nouveaux ouvrages. La France dispose d’un excellent réseau de bibliothèques municipales avec des cartes gratuites ; profitez-en en famille.

Entourez votre enfant de livres. Une étude menée dans 27 pays, dont la France, a révélé que posséder au moins 80 livres à la maison améliore significativement les résultats scolaires d’un enfant, quel que soit le niveau d’études des parents. Il ne s’agit pas de posséder des collections onéreuses : romans policiers, bandes dessinées, encyclopédies, livres de cuisine et guides de voyage feront l’affaire. L’important est que votre enfant puisse emprunter un livre à tout moment, sans avoir à demander la permission. Aménagez une petite étagère dans le salon, placez quelques livres dans la voiture ou dans la salle de bain (beaucoup d’enfants lisent plus facilement là-bas). La chambre de l’enfant doit être bien éclairée et comporter un fauteuil confortable ou un coussin pour lire.

Que faire face à la réticence à lire ? Les enfants disent souvent : « Je m’ennuie en lisant », mais en réalité, ils n’ont tout simplement pas encore trouvé le livre qu’ils cherchent. N’insistez pas sur les classiques ou la liste de lectures d’été du professeur de français. Les garçons de 7 à 10 ans adorent souvent les bandes dessinées (en France, c’est un genre à part entière, d’un niveau artistique élevé, d’Astérix à Lucky Louis). Les adolescentes peuvent se passionner pour les fanfictions inspirées de leurs animés préférés ; oui, c’est aussi de la lecture, et cela développe leur rapidité, leur vocabulaire et leur compréhension. Progressivement, grâce à un intérêt croissant, vous pouvez aborder des genres plus complexes. Ne l’interdisez pas, mais proposez des alternatives : « Si tu aimes les histoires d’écoles de magie, regarde cette série ; il y a aussi de la sorcellerie, mais l’intrigue est plus profonde.»

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Les soirées dans une famille française avec un enfant scolarisé se ressemblent souvent : dîner, parents fatigués, manuel scolaire ouvert, larmes, disputes et promesses de « ne plus jamais remettre les devoirs à la dernière minute ». Les devoirs deviennent un champ de bataille où l’autorité parentale se heurte à la résistance des enfants. Mais est-il vraiment nécessaire de vérifier quotidiennement les cahiers et de dicter des poèmes ? Ou existe-t-il un moyen de transformer ce moment en une interaction constructive plutôt qu’en un bras de fer ? Psychologues et enseignants s’accordent : le modèle optimal est un soutien bienveillant, et non un contrôle total, et cela commence par une bonne compréhension de votre rôle.

Première chose à comprendre : les devoirs sont la responsabilité de l’enfant, pas celle des parents. Le système éducatif français exige des enseignants qu’ils donnent des devoirs que les élèves peuvent accomplir de manière autonome, sans l’aide d’un adulte. Si votre enfant pleure tous les soirs à cause de ses devoirs et n’arrive pas à les faire sans votre aide, il est temps d’en parler à l’enseignant plutôt que de jouer le rôle de tuteur. Votre enfant a peut-être des lacunes, des problèmes d’attention ou est dyslexique. Votre rôle n’est pas de résoudre le problème à sa place, mais de créer un environnement propice à sa propre réussite : un endroit calme, suffisamment de temps et aucune distraction (télévision, appareils électroniques).

Organiser son espace et sa routine est plus important qu’il n’y paraît. Les recherches montrent que le cerveau d’un enfant fonctionne mieux le matin, mais que sa concentration diminue le soir, après 6 h à l’école. En France, beaucoup d’enfants rentrent vers 16 h 30, et les laisser « se reposer » sur une tablette jusqu’à 18 h avant de commencer leurs devoirs sera peu efficace. Il est préférable de leur accorder 30 à 40 minutes de repos complet (une promenade, un jeu actif, une sieste, mais sans écran !) et de les remettre ensuite à leur bureau lorsqu’ils ont encore de l’énergie. Durée de travail ininterrompu : 15 minutes pour un élève de CP, 25 minutes pour un élève de CE2 et 35 à 40 minutes pour un élève de CM2. Une pause est indispensable ensuite.

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En France, l’automne et le printemps sont des périodes où les cabinets de pédiatrie sont surchargés, laissant les parents perplexes : rhume, grippe ou allergie au pollen de platane ? Les symptômes de ces affections sont certes similaires : nez qui coule, toux, yeux rouges et parfois même une légère fièvre. Mais les traitements sont fondamentalement différents. Administrer à tort des antihistaminiques pour un virus ou des médicaments contre la fièvre pour une allergie sera non seulement inefficace, mais peut aussi être néfaste. Voyons comment distinguer ces affections et comment réagir dans chaque cas, ainsi que comment renforcer l’immunité de votre enfant pendant la saison des rhumes et des grippes.

Commençons par la principale différence : une allergie ne s’accompagne pas d’une température supérieure à 37,5 °C. Si un enfant a de la fièvre, il s’agit très probablement d’une infection. En cas d’allergies, les sécrétions nasales sont généralement fluides et claires, comme de l’eau, et les éternuements surviennent par salves (5 à 10 fois de suite). Les yeux piquent et larmoient, mais sans croûtes purulentes. La toux allergique est souvent sèche et paroxystique, s’aggravant à l’extérieur ou après le sommeil s’il y a des tapis ou des peluches dans la chambre. Il faut tenir compte de la période de l’année : en France, la saison des allergies au bouleau commence en avril, celle des graminées en juin et celle de l’ambroisie en août-septembre. Si les symptômes apparaissent à peu près à la même période chaque année, cela doit fortement faire suspecter une allergie.

En cas d’infection virale (IRA, rhinovirus, adénovirus), la température peut monter jusqu’à 38-39 °C et l’écoulement nasal, initialement aqueux, devient épais et jaunâtre-verdâtre au 3e ou 4e jour de la maladie. L’enfant devient léthargique, se plaint de courbatures et peut refuser de s’alimenter. La toux est d’abord sèche, puis grasse et productive. Les infections virales guérissent généralement en 5 à 7 jours, mais une toux résiduelle peut persister jusqu’à trois semaines. Si la fièvre persiste plus de trois jours ou réapparaît après une amélioration, il est conseillé de consulter un médecin ; une infection bactérienne est possible.

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En France, comme dans de nombreux pays, les enfants sont submergés d’activités extrascolaires, de cours de langues et d’activités d’éveil dès leur plus jeune âge. Les parents cherchent à occuper chaque minute avec des activités stimulantes, persuadés que cela donne à leur enfant un avantage certain. Pourtant, les éducateurs et les psychologues de l’enfant tirent de plus en plus la sonnette d’alarme : le jeu libre et non structuré – sans règles, sans adultes, sans objectif précis – disparaît de la vie des enfants. Or, c’est précisément ce jeu qui constitue le fondement du développement de l’imagination, des compétences sociales, de l’autorégulation et même de l’intelligence. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses écoles françaises réintroduisent progressivement les récréations prolongées et les espaces de jeu libre.

Qu’est-ce que le jeu libre ? C’est lorsque l’enfant choisit ce qu’il veut faire : construire une cabane avec des couvertures, dessiner aux crayons de couleur sur le trottoir, jouer à faire semblant avec le garçon du voisin ou simplement transvaser du sable d’un seau à l’autre. L’essentiel réside dans l’absence de surveillance, d’instructions et de résultats attendus de la part des adultes. C’est dans ces moments-là que le cerveau de l’enfant fonctionne d’une manière particulière : il formule des hypothèses, les teste, fait des erreurs, recommence, négocie avec ses camarades et improvise des règles. Aucun manuel scolaire ne peut offrir une telle variété d’activités cognitives.

Des études montrent que les enfants qui bénéficient d’au moins une heure de jeu libre par jour sont plus aptes à résoudre des problèmes inhabituels et à s’adapter plus rapidement aux nouvelles situations. Le jeu développe ce que l’on appelle le « contrôle exécutif » : la capacité à planifier, à passer d’une tâche à l’autre et à inhiber ses réactions impulsives. Par exemple, lorsqu’ils jouent à la marchande, les enfants sont obligés de se souvenir du rôle du vendeur, de compter la monnaie, d’attendre leur tour et de garder le scénario en tête ; tout cela stimule la mémoire de travail et la maîtrise de soi autant que des exercices spécialisés.

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De nombreux parents en France se sentent mal à l’aise lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet de l’argent avec leurs enfants. Cela leur paraît un sujet trop mature, complexe, voire inapproprié. Pourtant, l’éducation financière commence bien avant l’ouverture d’un compte bancaire. Dès l’âge de 4 ou 5 ans, les enfants comprennent que faire des achats ne se fait pas par magie, mais nécessite d’échanger de l’argent contre des biens. Ignorer ce sujet, c’est prendre le risque d’élever un enfant qui, à l’âge adulte, aura des difficultés à gérer son budget, des achats impulsifs et des dettes. Plus tôt vous intégrerez naturellement les discussions financières à son quotidien, plus votre enfant sera à l’aise avec le monde de la finance.

Commencez par le plus simple : expliquez d’où vient l’argent. Beaucoup de jeunes enfants croient sincèrement que leurs parents retirent de l’argent au distributeur automatique comme une source inépuisable. Montrez à votre enfant votre fiche de paie (simplifiée) ou un ticket de caisse, en lui expliquant que vous travaillez un certain nombre d’heures pour gagner ces billets et ces pièces. Il est courant dans les familles françaises de donner un peu d’argent de poche aux enfants, assorti de conditions – par exemple, pour aider à la maison ou faire des corvées – mais il est important de ne pas en abuser. L’idéal est de trouver un juste milieu : les tâches ménagères habituelles (ranger les jouets, faire le lit) ne sont pas rémunérées, tandis que les tâches supplémentaires (laver la voiture, arroser les fleurs sur le balcon) peuvent être récompensées symboliquement.

Entre 6 et 8 ans, introduisez les notions de « désir » et de « besoin ». C’est une compétence fondamentale qui vous évitera bien des erreurs financières. Lorsque votre enfant demande un nouveau jouet, ne refusez pas immédiatement, mais proposez-lui une comparaison : « Tu veux cette voiture, mais nous devons acheter du pain et du lait. Qu’est-ce qui est le plus important ?» Introduisez progressivement l’idée que le budget familial est limité et que si nous achetons un jouet cher aujourd’hui, nous ne pourrons pas aller au parc d’attractions demain. En France, de nombreuses écoles et associations proposent des ateliers d’éducation financière, mais ce sont les parents qui posent les bases à table.

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