Quatrième semaine : collecte et analyse des données. Documentez chaque interaction. Combien de personnes ont accepté un entretien ? Combien ont laissé leurs coordonnées après la conversation ? Si vous avez proposé une précommande à prix réduit, quel a été le montant réel de la réduction ? L’indicateur clé n’est pas le nombre de compliments, mais les actions. Si au moins 10 à 20 % de votre public cible est prêt à payer immédiatement (même une somme modique), l’idée a du potentiel. Si ce n’est pas le cas, ne vous découragez pas : vous le saviez déjà avant de contracter un prêt. Revoyez votre hypothèse : le prix est peut-être trop élevé, le segment ciblé inadapté, ou le problème doit être reformulé.
Parallèlement à l’étude de la demande, réalisez une analyse concurrentielle. La France dispose d’excellents outils : Société pour vérifier les inscriptions, Google Trends pour la popularité des recherches, et de simples recherches par mots-clés. N’ayez pas peur de la concurrence : sa présence prouve l’existence du marché. Votre rôle est d’identifier leurs points faibles et de les corriger. Par exemple, tous les services de livraison de repas à Paris prélèvent une commission de 30 %. Et si vous la réduisiez à 15 % en proposant une sélection plus restreinte, mais une livraison plus rapide ? Ou encore, tous les salons de beauté ferment à 19 h, alors que vous êtes ouvert jusqu’à 22 h pour les femmes actives.
Après un mois de test, vous aurez soit une idée validée, soit la certitude qu’il vous faut changer de cap. Dans les deux cas, c’est une réussite. Le célèbre entrepreneur français Xavier Niel (fondateur de Free) affirme : « Une erreur, ce ne sont que des données.» Ce mois-ci, vous n’aurez à investir que votre temps et peut-être quelques centaines d’euros dans des échantillons ou de la publicité sur les réseaux sociaux. Comparé à un an de loyer et de salaires, c’est une somme dérisoire. Et surtout, vous avez déjà commencé. Vous avez établi des contacts avec vos premiers clients potentiels qui ont manifesté leur intérêt. Vous pouvez désormais bâtir votre entreprise non plus sur des suppositions, mais sur de véritables retours d’expérience. L’étape suivante consiste à vous enregistrer comme micro-entreprise, ce qui en France prend 15 minutes en ligne et ne coûte rien.
